Mardi 7 février 

Bonjour à tous,Vous vous en souvenez, au terme de plusieurs réunions de concertation, les organisations de chauffeurs se sont mises d’accord vendredi soir sur un certain nombre de conditions devant encadrer l’action proposée par Uber:

– la commission n’est composée que de chauffeurs désignés par les organisations de chauffeurs

– la participation aux travaux de la commission d’un tiers facilitateur est indispensable : un observateur qualifié en relations professionnelles désigné par le ministre des transports

– la commission devra traiter de tous les sujets relatifs aux chauffeurs en difficulté, les charges certes, mais aussi les revenus

– la commission doit être mise en place sous 15 jours

Parallèlement, les solutions retenues dans le cadre de la médiation pour mettre un terme aux déconnexions unilatérales et non pré avisées doivent être immédiatement effectives (procédure de type disciplinaire garantissant les droits du chauffeur mis en cause). 

De même pour l’application des lois Granguillaume et travail (protection accidents du travail à la charge des plateformes), dans les conditions et délais qu’elles prescrivent. 

Uber a accepté toutes ces conditions. 

Sauf une.

Uber considère que les membres de la commission doivent être réellement représentatifs de la population des chauffeurs travaillant pour Uber. 

Le organisations de chauffeurs sont d’accord avec ce point et demandent à les désigner elles même selon leur libre choix. 

C’est cette condition qu’Uber refuse: la désignation des membres de la Commission par les organisations de chauffeurs. Uber préfèrerait un tirage au sort parmi les chauffeurs connectés assidûment sur sa plateforme. Pourquoi?

Les conversations du week-end et de lundi ont porté principalement sur ce point, pour comprendre les raisons de ce blocage. 

La mémoire de la violence

Uber a vécu au fil des derniers mois de 2016 un certain nombre d’épisodes qui ont marqué ses dirigeants: des groupes de chauffeurs s’en sont pris de manière répétée à leurs bureaux, à leurs employés et parfois à eux mêmes, agressions verbales accompagnées de bris de vitres, de destructions de matériels, violences physiques faites aux personnes…tout cela ne s’oubie pas facilement. Derrière ces agressions, ils ont vu la main d’organisations, voire d’individus, qui se présentent aujourd’hui comme les représentants des chauffeurs.

Uber considère que la représentativité des organisations existantes n’est pas établie. Uber ne veut pas retrouver autour de la table de personnes à leurs yeux coupables de déprédations ou d’agressions. 

Nous avons longuement échangé sur cette question évidemment essentielle. Car c’est pour éviter que ne se reproduisent ces actes désespérés que la future commission revêt tant d’importance. Elle peut être le premier lieu où on se parle pour exprimer les désaccords. Sans ce lieu, la violence peut redevenir le recours. 

J’ai proposé une solution tenant en deux points :

1) C’est bien aux organisations de chauffeurs et non au tirage au sort de désigner les membres de la commission. La logique même de cette commission est en effet qu’elle soit représentative et donc que ses membres soient désignés par des organisations elles mêmes représentatives. Les choses sur ce plan seront prochainement clarifiées, les pouvoirs publics étant en cours de détermination des règles de représentativité retenues dans le secteur des activités indépendantes connectées à des plateformes numériques d’intermédiation. Dans l’attente, il convient de retenir comme représentatives les six organisations ayant activement participé à la médiation (ACTIF, AMT, CAPA, CFDT, UDCF et UNSA). Elles ont fait la preuve qu’elles savaient fonctionner en interlocutrices professionnelles, capables de compromis.

2) Uber est fondé à vouloir écarter les auteurs de violence. Même si la désespérance peut expliquer certains actes, rien ne peut les excuser. La justice a d’ailleurs été saisie et aura à se prononcer. Il ne peut y avoir de place pour la violence dans le dialogue professionnel dont les fondements sont l’écoute et le respect mutuel. Les organisations devront choisir en leur sein des personnes qui ne font pas l’objet de plaintes ou de poursuites.

Tard dans la nuit, Uber a présenté une nouvelle proposition basée sur ces deux points. Je vais la transmettre sans délai aux organisations de chauffeurs.

Les échanges vont ainsi se poursuivre. Ils s’achèveront au plus tard cet après midi la séance conclusive de la médiation étant alors programmée.

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2 réflexions sur “Mardi 7 février 

  1. Bonjour en tant que participant a cette médiation je suis choqué par la maniere de faire.Il n’y a pas d’urgence ces éléments auraient pu etre communiqués en fin de journée apres la remise de vos conclusions.

    Ce processus est tout a fait partisan et par respect a tous les participants il eut été préférable de les prevenir avant de rendre publiques certaines informations.

    A tout a l’heure,

    Bien a vous,

    Fred GNAORE

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  2. Bonjour M. le médiateur.

    Dans une procédure judiciaire, tout élément doit être apporté dans un certain délai et non au dernier moment afin de permettre à la défense de se préparer.

    Voilà un mois que Uber dégaine tout à la dernière minute, elle a utilisé tout ce procédé durant la médiation.

    Qu’en serait-il si les chauffeurs opéraient des blocages dans Paris, à la dernière minute, sans préavis ?

    Pas besoin d’associations pour ça, que des loups solitaires, Uber joue à un jeu dangereux et bafoue encore une fois la république.

    Proposons aux fabricants de péages autoroutiers, de gérer la politique aux frontières de notre pays. Si Uber est légitime pour exprimer son point de vue sur le VTC alors les fabricants de barrière de péage l’ont tout autant sur les questions migratoires. Demandons aussi à Microsoft de gérer Bercy à notre place. Ils ont inventé Excel, du coup ils sont légitimes, d’après la logique Uber.

    La bataille d’Uber n’est pas sur la tarification mais sur la REGLEMENTATION ! À l’heure où je vous parle, des membres influents de la tech française sont à San Francisco pour discuter avec Uber de la façon dont elle va préparer le terrain à la dérèglementation si une certaine personne passe. Vous pouvez vérifier ces informations, elles sont sur les facebook des personnes concernées 🙂

    Finissons-en avec la médiation, car elle n’a été d’aucune utilité, si ce n’est d’avoir un soutien médiatique, pour cela je vous en remercie. Mais dans le conflit entre les plateformes qui veulent gérer l’organisation professionnelle des chauffeurs, alors que ce ne sont que des fournisseur de logiciel comme ils aiment tant le répéter, on en est au point mort.

    Bonne journée à vous tous.

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