Samedi 4 février

Bonjour à tous,

Comme je l’indiquais dans mon dernier billet, Uber a présenté en réunion plénière de la médiation de mercredi une nouvelle proposition pour sortir de la crise. Elle consiste à procéder à un examen approfondi de la situation de tous les chauffeurs rencontrant des difficultés financières, de mettre en oeuvre tous les moyens requis pour rétablir la situation de ces chauffeurs, de le faire dans un délai réduit de quelques mois et sous le contrôle d’une commission comportant des chauffeurs.

C’est la une proposition nouvelle, d’ampleur, qui vise à traiter effectivement et durablement la situation de chacun des chauffeurs concernés. Elle révèle une prise de conscience nouvelle et positive d’Uber.

En tant que médiateur, j’ai bien sûr reçu cette proposition avec intérêt car elle vise à résoudre le problème de fond à l’origine du conflit et de la médiation: la faible rentabilité de l’activité VTC pour un grand nombre de chauffeurs. Mais bien sûr, son intérêt pour sortir du conflit est d’abord liée à son acceptation par les chauffeurs eux mêmes, au travers des organisations les représentants. 

La réaction des organisations de chauffeurs a été négative. Car leur point de vue est que la situation est dégradée pour tous les chauffeurs et qu’Uber en porte la responsabilité. Seule une mesure générale d’Uber d’augmentation des tarifs et de baisse de la commission peut remédier à cette situation.

Pourtant, toutes les organisations ont accepté de regarder comment tirer le meilleur profit de la nouvelle proposition d’Uber. 

J’ai rencontré jeudi et vendredi matin chaque organisation de chauffeurs pour échanger sur la proposition d’Uber. Je les ai réunies ensemble vendredi après midi.

Elles se sont ensuite concertées entre elles et ont aboutit à la position commune qu’elles m’ont présenté. 

La position des organisations de chauffeurs est la suivante

1) Une réponse inadaptée

La proposition d’Uber ne répond pas aux attentes des chauffeurs. Elle n’inclue pas la mesure indispensable de redressement du revenu par une augmentation des tarifs, notamment minimaux et par une baisse de la commission.

Les organisations maintiennent donc l’intégralité de leurs demandes et poursuivront les actions revendicatives pour les faire aboutir.

2) Une première avancée 

Les actions des chauffeurs et les discussions menées dans le cadre de la médiation ont quand même permis un progrès. Uber reconnaît maintenant qu’il y a de nombreux chauffeurs en difficulté. Uber reconnaît qu’il lui appartient de traiter ce problème, en urgence et sous le contrôle des chauffeurs.

Uber commence ainsi à modifier ses pratiques. Habituée à prendre toute décision de manière unilatérale et à les imposer sans dialogue, Uber, semble à présent accepter une concertation en amont. 

3/ un accord sous conditions

Les organisations de défense des chauffeurs considèrent que c’est leur devoir et leur responsabilité d’être présentes partout où se traitent les intérêts des chauffeurs afin d’y exprimer leurs revendications.

Elles pourraient donc: 

– accepter qu’Uber mette en œuvre l’action proposée 

– participer à la commission proposée dans le projet d’Uber 

Mais un certain nombre de conditions doivent être réunies pour garantir que cette commission constitue demain un levier pour promouvoir les intérêts des chauffeurs:

– la commission n’est composée, aux côtés du représentant d’Uber, que de chauffeurs désignés par les organisations de chauffeurs

– la participation aux travaux de la commission d’un tiers facilitateur est indispensable : un observateur qualifié en relations professionnelles désigné par le ministre des transports

– la commission devra traiter de tous les sujets relatifs aux chauffeurs en difficulté, après en avoir précisé la définition: les charges, les revenus, l’activité ….

– la commission doit être mise en place sous 15 jours

Parallèlement, les solutions retenues dans le cadre de la médiation pour mettre un terme aux déconnexions unilatérales et non pré avisées doivent être immédiatement effectives (procédure de type disciplinaire garantissant les droits du chauffeur mis en cause). 

De même pour l’application des lois Granguillaume et travail (protection accidents du travail à la charge des plateformes), dans les conditions et délais qu’elles prescrivent.

Indépendamment de cet accord possible, les organisations maintiennent l’intégralité de leurs demandes et poursuivront les actions revendicatives pour les faire aboutir.

Leur participation éventuelle à la commission Uber demeure fondée sur une logique militante et revendicative pour multiplier les actions de défense des droits des chauffeurs.

Elles restent déterminées à obtenir par toutes actions nécessaires la satisfaction de leurs revendications sur les tarifs et les commissions. 

Ayant ainsi été informé par les organisations de chauffeurs de leur position sur la nouvelle proposition d’Uber, je vais donc à présent reprendre les discussions avec Uber pour essayer de finaliser les choses, le médiateur, je le rappelle, ayant pour mission de chercher à rapprocher les parties au conflit. 

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8 réflexions sur “Samedi 4 février

  1. Bonsoir
    Merci pour votre disponibilité
    Il devient URGENT « d’instituer
    une rémunération minimale due par les plateformes aux chauffeurs »
    Montrer qu’on est dans un État de droit !
    Bon week-end

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  2. MÉDIATION ÉCHEC ET MATT

    Uber a bien réussi sa manœuvre pour gagner du temps. On lui confit de traiter les causes du conflit qui est causé par uber lui même.
    Un vieux proverbe bédouin dit:
    POURSUIVRE LE MENTEUR JUSQU’À LA PORTE DE SA MAISON.
    Selon le médiateur, cette fois LES SYNDICATS iront vérifier les promesses d’uber.
    Uber acceptera t il une en place des mesures sous le véritable contrôle des représentants légitimes des chauffeurs?
    Rien n’est moins sur!

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  3. Monsieur Le médiateur.

    Votre mission a démarré au mois de décembre.
    Depuis le marché à évolué fortement. Nous voyons pointer des services à grand coup MEDIATIQUE comparables à Uber Pool et qui se positionnent sur le marché du transport collectif régulier sur des trajets fixes.
    Je veux parler de la dernière invention de LeCab -KEOLIS soutenue par la SNCF et visiblement par l’état.
    Cette offre est en concurrence direct avec les transports en commun comme La RATP et se veut une offre de meilleure qualité mais à bas prix.

    On parle d’une offre à 1€ La course et un prix fixe de 5€ quelque soit le trajet sur des lignes fixes.
    Est ce là un service destiné à faire travailler Le VTC? EST CE QUE LE VTC EST DESTINÉ À FAIRE DU TRANSPORT PUBLIQUE COLLECTIF?

    Monsieur Le Médiateur

    Désormais il faut compter dans votre réflexion avec cette donnée nouvelle qui risque, une fois de plus, de bouleverser l’équilibre précaire de la situation du VTC en France.

    Nous sommes très inquiets de l’évolution de ce marché à l’avenir qui ne cesse de tirer vers LE BAS une offre de plus en plus low cost. Jusqu’où va t on? Ou va t on s’arrêter?

    JE SUGGÈRE QU’ON REFLECHISSE RAPIDEMENT SUR UNE MESURE POUR PROTEGER ET SAUVER UNE PARTIE DES CHAUFFEURS ENTREPRENEURS QUI SONT LES VTC. ET QUI N’ONT OAS VICATION A FAURE DU TRANSPIRT PUBLIQUE COLLECTIF.

    JE PROPOPOSE DE PRENDRE LES MESURES SUIVANTES SANS TARDER :

    – RÉSERVER LES SERVICES VTC DE TRANSPORT PRIVÉ DE PERSONNES AUX SEULS VTC INDÉPENDANT POUR FAIRE DU UBER X OU BERLINE OU DU CHAUFFEUR PRIVÉ ECO OU BERLINE ETC…

    – RÉSERVER LES SERVICES DE TRANSPORT COLLECTIF AUX SEULS CAPACITAIRES LOTI PIUR FAIRE DU UBER POOL OU DU LECAB PLUS ET AUTRE SUBSTITUT AUCTRANSPIRT COMMUN PUBLIC.

    D’URGENCE IL FAUT SÉPARER LES 2 STATUTS AVANT DE VOUR LE SECTEUR PARTIR DANS UNE SPURALE DE CONFLITS ET DE CAHOT TOTAL.

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  4. Monsieur le Médiateur,

    Je vous cite encore une fois : « Le problème de fond à l’origine du conflit et de la médiation c’est la faible rentabilité de l’activité VTC pour un grand nombre de chauffeurs. »

    J’ai deux axes de médiation à vous proposer pour aider à la résolution de ce conflit :

    D’abord en direction d’Uber :

    mettre fin à la commission de 35% sur le total des courses en cas de regroupement de commandes sur deux passagers distincts(POOL).
    En effet, il suffit qu’à côté d’une course longue vers la banlieue, Uber ajoute une course minimum pour que la commission passe de 25% à 35%.
    Et je ne vous parle pas de deux courses minimum…
    Autrement dit, seul Uber (et le passager) est gagnant dans cette histoire.

    Ensuite, en direction de l’état :

    Réduire les charges RSI pour les chauffeurs occasionnels.
    Vous savez que nombre de chauffeurs VTC le sont à titre d’activité secondaire et exercent surtout les vendredi et samedi de fin de semaine parce que le reste du temps ils ont un boulot ou sont des retraités actifs.
    l’URSSAF et le RSI croisent leurs fichiers, on peut donc facilement déterminer qui cotise déjà au titre de son statut de salarié ou de retraité.
    Les collectes RSI sont donc une charge (30% et +) qui n’apporte pas de nouveaux droits à ces personnes sauf peut être de retraite mais faibles selon ce que chacun sait.
    Exonérer ces chauffeurs qui justifient déjà cotiser au régime général au titre de leur activité ou les retraités à faible revenu, permettra un allégement de leurs charges et donc une meilleure rentabilité, ce qui est l’objet de votre médiation.

    Pour le reste, merci en effet de ne pas perdre de vue que le problème c’est la rémunération (au mieux 1700€ pour 60h sans congés) et que cela concerne toutes les plateformes et pas seulement Uber.

    Bon courage

    Patrick

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  5. Monsieur le Médiateur,

    Cela a déjà été dit plus haut, UBER et les autres applications (Chauffeurs Privés LE CAB, etc) qui ne valent pas mieux en matière de malhonnêteté et de cynisme, ne font que gagner du temps en vous embarquant sur des pistes sans issue valable pour les VTCistes, espérant que l’élection d’un complice en « on » à la Présidence de la République ne les sorte de la « discussion » en cours dont vous avez la responsabilité, et les conforte encore dans leurs positions.

    Dans ces conditions, il y a fort à parier que le ras le bol des VTCistes désespérés n’amène malheureusement à une dégradation de son mode d’expression dans les mois à venir, et vous le savez parfaitement.

    Il est incompréhensible que vous laissiez comme vous le faites les applications ignorer les revendications plus que de bon sens des VTCistes de déterminer un prix de prestation minimum, de cesser de se faire racketter par le biais de commissions ahurissantes et d’arrêter d’être à la merci du scandaleux système de déconnexion fascisant mis en place par les applications sans scrupule moral.

    Car les revendications des VTCistes sont très mesurées qui n’évoquent même pas la fermeture dans les plus brefs délais de ces start up soutenues par des puissances financières totalitaires qui bafouent le droit français à longueur de journée, ne payent pas leurs taxes en France, mènent des actions de lobbying auprès des élus et de l’Etat parfaitement répréhensibles et traitent les chauffeurs comme des paillassons. Elles sont très mesurées en n’exigeant pas le soutien de l’Etat pour la création d’une application coopérative, pourtant seule solution digne et efficace pour les VTCistes, leurs clients et l’Etat lui-même, et en ne demandant pas la détermination d’un numerus clausus évidemment indispensable pour éviter un écroulement de la rentabilité des VTCistes par la prolifération de leur nombre comme l’organisent les applications.

    Dans ces conditions, laissez moi vous dire toute la circonspection qui est la mienne et celle de la grande majorité des VTCistes que je croise quant à votre véritable neutralité et la réalité des intérêts que vous défendez finalement.

    Recevez, Monsieur le Médiateur, l’expression de mes sentiments obligés.

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  6. Bonjour Mr le médiateur.

    Voici mon constat:

    Vu le nombre exponentiel de nouveaux arrivants sur le marché du vtc et le nombre de chauffeurs loti avec l équivalence.

    Vu le main mise de uber sur le secteur vtc (en quasi monopole).

    Vu les salaires faiblards ( incompatibles avec une vie décente ) que les chauffeurs perçoivent même en étant propriétaires sans crédit de leurs véhicules.

    Vu la plateforme commune d examens vtc taxis.

    Il faudrait légiférer une bonne fois pour toutes.

    Je pense que compte tenu de la situation :

    Il ne faudrait non pas imposer un numérus clausus mais organiser des sessions d examens trimestrielles et non mensuelles sous la houlette des chambres de métiers.. Ceci afin d avoir un apport régulier des chauffeurs . Je suis pour la richesse partagée et contre le nivellement par le bas avec une pléthore de chauffeurs pauvres.

    Je trouve inconcevable que dans une société démocratique, où force est la loi ,qu une multinationale ,au demeurant véhiculant le progrès , puisse imposer sa vision des choses au mépris des minimas salariaux et commerciaux.

    Vive l économie numérique , vivre le progrès et surtout vive la démocratie et la justice sociale.

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  7. Médiation un jeu de dupes !

    Tout le monde se demande à quoi aura servi la médiation?

    A mettre d’accord Uber et gouvernement pour éviter les décisions qui s’imposent?

    – elle a servi à l’état pour gagner du temps et repousser la résolution du conflit à une date ultérieure et se décharger sur le futur gouvernement après les élections.

    – elle a servi à faire gagner du temps à Uber pour repousser les attaques à une échéance située après le départ de ce gouvernement dans l’espoir d’avoir en face de lui un gouvernement favorable.

    Comment La médiation à réussi ce tour de passe passe?

    – Uber sort de sa pochette surprise un plan « d’envergure » d’Aide aux pauvres chauffeurs en « grande difficulté »

    – le médiateur « surpris » en dernière minute, est séduit par la proposition et confit d’un geste élégant la Solution à Uber pour régler le conflit.

    Et voilà le tour est joué!
    Retour à la case départ sans mouiller le gouvernement et sans inquiéter Uber autrement que par des paroles.

    Belle démonstration d’escroquerie intellectuelle qui aura des conséquences graves sur notre avenir.

    Pauvre vtc…

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  8. Monsieur le médiateur,

    Suite à la révélation , par des journalistes d investigations ,d une vaste fraude aux faux documents , il faudrait sommer les plateformes VTC de vérifier l authenticité des documents et la véracité des informations du chauffeur vtc :

    – carte Vtc (sésame valant autorisation de travailler).
    Nombreux vtc ont dû suivre une formation payante et passer un examen jugé difficile mais à la portée de toute personne ayant un minimum de bagages intellectuels. Je répète la profession doit être encadrée et les chauffeurs doivent être des professionnels ayant connaissance des bonnes pratiques du métier.

    – exigence de moralité . Le casier judiciaire doit etre vierge et le conducteur de bonne moralité. Il est à noter que le vtc peut transporter des personnes vulnérables de prime abord (femmes et jeunes filles, enfants , personnes confiées ayant un handicap, enfants-ados…). Ce qui est devenu une règle répandue pour le transport de colis ( demande du casier judiciaire) doit l être encore plus pour le transport de personnes.

    – contrôle des papiers du véhicule (cartes grises) et des assurances professionnelles .Des cartes grises sont trafiquées et modifiées pour déjouer les exigences techniques ( longueur largeur année puissance etc).

    Les donneurs d’ordres et applications devraient pouvoir vérifier tout ça en croisant leurs données avec ceux du registre national des vtc dépendant du ministère du tourisme de l écologie et du développement durable ( et du transport ?)

    Pour revenir sur mon précédent post sur la difficulté de vivre dignement de son travail , l État doit jouer son rôle que ce soit par la médiation ou par le process législatif. Ainsi , l État doit:

    – faire respecter la libre concurrence et tout faire contre les abus de position dominante. La protection du consommateur doit aller de paire avec le respect des règles du travail , des règles sociales et salariales , des règles de concurrence saine et des règles de partenariat commercial ( une sorte de « SMIC horaire » , interdiction de la vente à pertes dans le but de dominer à terme, délimitation des notations ( parfois abusives) des chauffeurs, commissions collégiales d auditions ..) et par extension la marge des applications ( uber et autres ) ne doit pas entraver la rentabilité des chauffeurs ( elle doit être fixée avec justesse).

    – sans parler de numérus clausus il faut un équilibre entre l offre de chauffeurs et les demandes de trajets ( le tout débouchant sur une prestation à un prix juste pour toutes les parties). Avec la venue de milliers de chauffeurs et la saturation des vtc , il faudrait sérieusement réfléchir à des examens pluriannuels ( trimestriels, semestriels ?) Au lieu de sessions tous les mois via les chambres de métiers.

    Enfin la décision de Uber d aider les chauffeurs vtc en difficultés est ,à première vue, une bonne chose . Ce qui m étonne beaucoup c est que c’est UBER qui dirige les débats , qui tire les ficelles et lâche du lest selon son bon vouloir alors que c’est au gouvernement d imposer sa vision et son plan d harmonisation du transport de personnes au sens large ( vtc taxis ,transport sanitaire léger, transport scolaire etc).

    Cordialement

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