Mercredi 11 janvier 

Tout à l’heure je vous ai adressé le compte rendu du premier sujet abordé ce matin avec les représentants des chauffeurs: la représentativité de leurs organisations.

Je vous rend compte à présent des conclusions de nos échanges sur la vision 2020 du métier VTC.

Ces conclusions sont consensuelles: elles sont partagées par les cinq organisations présentes (je les rappelle: ACTIF, AMT, CAPA, CFDT, UNSA).

Elles tiennent en trois grands points

1) Le métier de VTC est un métier d’avenir: 

Les besoins de mobilité en ville n’ont pas fini d’augmenter; le VTC, en permettant un usage plus intense des véhicules, permet de diminuer le nombre de voitures particulières dans les villes et constitue ainsi un facteur de développement durable.

Ce point, évidemment essentiel, est partagé par les plateformes (Cf. mon billet d’hier soir). C’est là un aspect fondamental: plateformes et chauffeurs partagent la même vision de l’avenir du métier (mais peut être pas de son exercice ! Cf. ci dessous).

2) Le modele d’activité actuel des VTC repose sur des plateformes numériques d’intermédiation qui fournissent les clients et sur des chauffeurs indépendants qui les transportent. Ce modele est à la fois approuvé et contesté.

– Il est approuvé sur le plan des principes en ce sens que c’est en soi un bon système qui peut optimiser l’activité au profit de tous: clients, qui sont bien servis, chauffeurs qui sont autonomes et plateformes qui développent leur business. 

– Il est contesté dans la manière font il est aujourd’hui appliqué. Son application actuelle semble permettre au profit des plateformes une dégradation des conditions de travail et de revenu des chauffeurs. Son application se fait également aujourd’hui dans le non respect des règles en vigueur. A ce titre, pour les organisations représentant les chauffeurs, le statu quo n’est ni acceptable ni durable.

3) L’Etat doit mieux réguler le système: six propositions

Les représentants des chauffeurs VTC demandent à l’Etat de:

– fixer des prix minimums, prix plus élevés que ceux des taxis, permettant ainsi à la fois des durées de travail raisonnables et une valorisation du métier;

– fixer des conditions d’accès au métier garantissant un haut niveau de professionnalisme, gage de reconnaissance du métier et de la qualité de service pour les clients justifiant ainsi les prix minimum;

– établir une co-responsabilité des plateformes avec les chauffeurs sur le respect des règles en vigueur (et pas du chauffeur seul);

– de mettre en place une infrastructure de géolocalisation des voitures au profit des VTC comme il l’a fait au profit des taxis (« Le Taxi ») de telle sorte que les chauffeurs qui le souhaitent puissent créer leurs propres plateformes et, ainsi, s’affranchir de celles existantes;

– l’institution d’un dialogue professionnel entre représentants des chauffeurs et des plateformes;

– la mise en place d’un observatoire regroupant toutes les parties prenantes (VTC, taxis, Transports publics, collectivités locales, État….) comme instance de débat sur tous les grands sujets relatifs à la mobilité urbaine;

Telles sont les positions retenues par les cinq organisations de chauffeurs.

J’ajoute deux commentaires: 

Mon premier commentaire: la vision de l’avenir du métier et la pertinence de ses grands principes d’organisation, ainsi que l’exigence d’une régulation, font l’objet d’un consensus des organisations de chauffeurs et des plateformes. 

En revanche, les positions divergent sur la réalité concrète de la situation, perçue comme critiquable et même inacceptable par les chauffeurs et moins par les plateformes.

Logiquement, les uns et les autres divergent sur le contenu de la régulation demandée: écarter les barrières à l’entrée et racheter les licences taxis pour les plateformes; protéger les chauffeurs, garantir un haut niveau de professionnalisme et faciliter leur auto organisation pour les organisations de chauffeurs.

Mon second commentaire: les lois El Khomri et Grandguillaume créent des obligations qui vont dans le sens de plusieurs demandes des organisations de chauffeurs. Par exemple: responsabilité des plateformes (El Khomri), les conditions d’accès au métier (Grandguillaume), l’observatoire (Granguillaume également) 

Je suis évidemment demandeur de vos commentaires: ils me sont utiles pour la conduite de la médiation dont je rappelle le but: tenter de mettre d’accord chauffeurs et plateforme.

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9 réflexions sur “Mercredi 11 janvier 

  1. Bonjour,
    Je vous ai adressé un Mail hier car vous parlez des taxis sans même les conviés à vos reunions.
    Vous avez autour de vous des lotis qui sont hors la loi et qui n’ont pas le droit d’exercer. Aussi tout les gens autour de vous pratiquent la maraude électronique qui leur est interdite et tout ça aux yeux de l’état et des taxis en tout impunité.
    C’est plus possible.
    Sans réaction de votre part. Nous Sud Taxi sommes prêts à sortir avec tout les taxis de la france.
    Je transmet mon mail et mes commentaires à toutes les organisations.

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  2. Monsieur Rapoport pensez-vous qu’en se basant sur une affirmation non fondée, vous puissiez trouver une solution à un problème qui n’existe pas ?
    Vous affirmez directement que le VTC est un métier d’avenir . Quel avenir ? Pensez-vous réellement que si c’était un métier d’avenir les chauffeurs viendraient se plaindre ?

    Mais d’abord est-ce un simple produit de marketing ou un métier d’avenir ? Avant de se prononcer ils serait peut être opportun de regarder la loi. Elle est parfaitement simple et il n’y a pas d’interprétation fantaisiste à avoir. « Un VTC ne peut pas circuler ou stationner sur la voie publique en attente de clientèle.  »
    Toutes les ruses sont employées aujourd’hui afin de ne pas respecter la loi, mais la vérité elle est bien là et c’est même le fond du problème. Dans un marché qui n’existe que grâce à une crise économique et à l’incapacité des politiques à résorber le chômage , le travail de VTC n’est pas rentable et surtout pas pour les chauffeurs qui sont respectueux des lois. ( S’ils existent )

    Ce travail n’est rentable que pour les intermédiaires et à condition de casser la concurrence à coup de code promo, ce qui a pour effet direct que même les plateformes finissent par perdre de l’argent. (surtout en ajoutant les frais d’avocats et les amendes payées aux chauffeurs qui se font prendre )
    Alors métier d’avenir VTC ? Non bien sûr car en terme de gestion de transport urbain, c’est le taxi qui est le métier d’avenir et cela uniquement pour une bonne raison, le Taxi a le droit de stationner et de circuler sur la voie publique à l’intérieur sa zone de prise en charge, ce que n’a pas le droit de faire le VTC.

    Ensuite vous proposez un Open Data, comme pour les Taxis ce qui est quand même extraordinaire car un Open Data respecte la loi, ( il est programmé pour ça) et n’aura comme seul effet de ne distribuer des courses qu’à ceux qui sont en règle donc finalement à personne !!!!!

    Malgré le mal que vous vous donnez, votre mission est vouée à l’échec car vous ne tenez pas compte de l’élément principal qui est l’élément législatif. Or le moindre changement de loi sur le sujet entrainera automatiquement ( et ce pour cause de la loi du 20 janvier 95 ) l’indemnisation des 60 000 taxis de France, argent que bien sûr personne ne voudra mettre sur le tapis .

    Votre travail se résume donc à faire ce que vous pouvez pour gagner du temps car vous ne pourrez jamais obliger des gens irrespectueux d’être du jour au lendemain des gens vertueux.

    Cordialement

    Michel Tatranski
    Conseiller en management du transport

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  3. Monsieur, je vous ecrit ces quelques lignes afin de vous faire part de mon expérience dans ce milieu. Les seules choses que m’ont apportés ce travail sont des dettes auprès de ma famille, d’etablissements de crédits et un dossier de surendettement en cours de traitement.
    Pourtant je n’ai pas chômé.
    J’ai fais des 70h a 80h de connexion par semaine pour au final m’en sortir a juste payer la location de la voiture et les charges. Pas un centime dans ma poche! Les plateformes vous enfoncent avec leurs politique de prix. On ne travaillait qu’a perte tout en ne respectant pas les lois en vigueur sur la maraude et autres…! Ces plateformes nous forcent a jouer a un grand jeu de cache-cache avec les forces de l’ordre ! (Par exemple Demandez a chauffeur privé le principe de leur faux bon de commande sur leur application chauffeur …)
    C’était une premiere pour moi. je me demande d’ailleurs comment l’etat laisse faire cette mascarade et ferme les yeux devant ces esclavagistes modernes qui font leurs publicités partout dans les journaux, les abribus, les gares, tv… afin d’attirer de plus en plus de manœuvre au rabais.
    Bref ce fut un passage horrible dans ma vie auquel je subit encore les conséquences a l’heure actuelle avec les huissiers et bientôt les tribunaux.
    Je vous parle au passé car j’ai bien évidemment arrêté cette activité et en attendant de clarifier ma situation auprès des creanciers, je Perçoit le rsa et l’apl qui croyez le sont bien plus rémunérateurs que le vtc !

    Une ex personne motivée dans la vie active et brisé par uber et compagnie et leurs promesses de hauts revenus ! (publicité mensongère toujours existante sur le site internet d’uber d’ailleurs)

    Bon courage pour la médiation

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  4. Monsieur le médiateur.

    Beaucoup de choses ont été déjà été évoquées par d’autres chauffeurs. Je souhaiterai seulement insister sur une chose : l’équation nombre de chauffeurs / nombre de demandes (ou clients).

    Les plateformes afin de satisfaire leurs clients tiennent à disposer d’un maximum de chauffeurs (pour garantir disponibilité et faible temps d’attente). Au niveau de leur commission globale cela n’a aucune incidence.

    Actuellement il y beaucoup trop de chauffeurs pour pouvoir avoir une journée optimale en courses (et éventuellement rentable en prenant réellement en compte toutes les charges). Si le nombre de chauffeurs diminue ou augmente moins rapidement, cela n’aura qu’un incidence minime pour la clientèle : temps d’attente de 4 minutes au lieu de 2 min sur Paris par exemple, peut être un peu plus en banlieue. Mais dans ce cas de figure, les chauffeurs auront plus de courses et auront un meilleur chiffre d’affaire.

    Sans régulation de leur nombre, les chauffeurs sont condamnés à la précarité. Car malheureusement le nombre de clients ne croît certainement pas dans les même proportions que le nombre de chauffeurs. Et ne je tiens pas compte des choses qui nous affectent comme la hausse du prix du carburant, les tarifs des assurances qui risquent d’augmenter sensiblement etc.

    Bon courage à vous et merci d’avoir pris l’initiative de ce blog

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  5. Bonjour

    Je suis lotti, je travaille seul pour uber. J’ai 50 ans et j’ai saisi l’opportunité de faire cette activité car les portes étaient grandes ouvertes et à mon grand âge aucune autre possibilité d’embauche malgré mes études supérieurs.
    J’ai donc passé un diplôme, fait un parcours administratif indicible pour obtenir les autorisations de travailler.
    Aucun problème pour exercer avec une capacité de transport (lotti), l’état ne disait rien, uber proposait de travailler en masse et les taxi se concentraient sur uber pop (1 an et demi de transport de personnes illégales en plein Paris).
    Puis tout à coup uber a changé de politique, il s’est mis à paupériser la profession en baissant de 30% les revenus du jour au lendemain pour notre bien soit disant. Il prend des décisions unilatérales concernant les chauffeurs qui ont des conséquences graves sur les familles et les enfants des conducteurs.
    Ils utilisent régulièrement le lobbying, le mensonge et la publicité pour se dédouaner de leurs méfaits (tout cela est aisément démontrable, mais ceci est juste un court témoignage).
    Bref nous voilà à travailler pour un tarif allant de 0 à 4€ de l’heure, parfois moins (à perte). Nous sommes acculé car bien que modestes, les rentrées d’argents sont utilisées pour la survie, nous dépensons l’argent de la TVA, de l’amortissement du véhicule pour pouvoir nous nourrir, advienne ce que pourra.
    Les usagers doivent savoir que les applications restent ouvertes aussi longtemps que le chauffeur le souhaite. Certains ont déjà travaillé 24 heures de suite.
    Les voitures sont entretenues à minima ou pas entretenus du tout, avec des pneus lisses, des amortisseurs fatigués, des freins à la limite, des essuies glaces qui n’essuie rien du tout.
    Et nous transportons des familles et la progéniture en bas-âge dans ces conditions.
    Avec un conducteur fatigué et une voiture non entretenue, les passagers et leurs enfants sont en danger de mort.
    Ceux qui participent, qui ferment les yeux là-dessus et qui laissent faire sont complices.

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  6. Uber épuise les chauffeurs en leur donnant des courses sans limite 24h/7j en toute connaissance de cause. Uber se décharge de toute responsabilité des conséquences de l’épuisement et dangers publiques qu’il générés. Accidents, maladies et décès par épuisement.
    Uber doit être obligé de déconnecter chaque chauffeur un jour (24h) par semaine. Ce jour de repos dout être choisit et modifié par le chauffeur lui même.
    De même uber doit déconnecter 70h de travail par semaine en l’obligeant de prendre un jour de repos.
    Les applications doivent mettre un place en commun un compte de crédit d’heures de travail pour chaque chauffeur inscrit sur Les plateformes et gérer mutuellement la déconnexion au delà des limites définis par décret. Ces limites sont connus et appliqués sur les chauffeurs des autres type d’activité du secteur du transport publique et commercial. SNCF, RATP caristes, routiers, transport de fonds, transport aérien, maritime. Tous sont soumis à des règles de sécurités très strictes.
    Alors pourquoi pas Les VTC ?

    Uber doit être responsable et rendu coupable par décret pour toutes les infractions à sécurité causées par l’exercice des vtc commandés par uber.
    Mise en danger des passagers, des chauffeurs et des piétons devra être de lactesokbsabilite de uber, assimilé employeur des chauffeur. Car les assureur peuvent refuser de prendre en charge Les sinistres en évoquent le point des risques du aux dépassements des heures de conduite au delà de 10h par jours.
    Marc H
    Collectif UVTC

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  7. Monsieur ,

    Actuellement le metier de chauffeur a été dévalorisé et les applications ont contribué à cette perte notamment par leur volonté à avoir plus de clients.
    Nos chiffres d’affaires , notre image de marque et notre temps libre.
    Tout à été supprimé sous le diktat de nos « partenaires commerciaux « .

    Les vannes ont été trop ouvertes il faut les refermer car au lieu d’avoir 70 000 entrepreneurs vous aurez 70000 chômeurs.

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  8. Bonsoir,
    Arrêtez avec ce sempiternel refrain du besoin en mobilité qui augmente. NON la demande stagne et vous pensez qu’augmenter l’offre va étirer la demande, c’est du grand n’importe quoi. Faut arrêter le massacre, Paris étouffe sous les bouchons permanents créés par toutes ces nouvelles voitures qui maraudent 24/24 en quête de clients. Votre médiation, la énième, est vouée à l’échec.

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  9. Bonjour,

    Il serait peut-être temps de mettre en pratique l’autorisation de travailler avec des véhicules électriques/hybrides de plus de 6 ans, ce que Uber refuse, tandis que devant les médias, ils disent que la loi est trop stricte sur la taille et la puissance des véhicules, et que les chauffeurs ne gagnent pas assez d’argent car ils louent ou achète des véhicules trop chère. C’est paradoxale, laissez donc les chauffeurs travailler avec des véhicules hybrides de plus de 6 ans, ça ferait moins de pollution en ville, on vous dira tous merci…

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